Catégorie: Nature > Reserva natural
District: Faro > Aljezur > Arrifana
Le Ribat de l'Arrifana s'élève de manière imposante sur la Ponta da Atalaia, un promontoire rocheux qui se projette sur l'océan, dans la localité de l'Arrifana, commune d'Aljezur. Cette position côtière, isolée et surplombant la mer, offre une perspective privilégiée sur la vaste ligne côtière. Par temps clair, il est possible d'apercevoir le Cap Saint-Vincent, au sud, jusqu'à une large bande du littoral de l'Alentejo, au nord.
Le choix de cet endroit, à l'extrémité occidentale du Portugal continental, n'a pas été le fait du hasard. Sa localisation stratégique permettait une surveillance étendue de la côte, tout en possédant une profonde signification symbolique, représentant, à l'époque de sa fondation, la rencontre entre la terre et la mer, et le seuil du monde alors connu.
Le Ribat de l'Arrifana est un témoignage singulier de la présence musulmane sur le territoire portugais. Érigé aux alentours de 1130, ce complexe était un type de couvent-forteresse, où résidaient des moines-guerriers musulmans, connus sous le nom de murābitūn, qui embrassaient une vie d'ascèse et de dévotion. Sa fondation est attribuée à Ibn Qasi, une figure notable de Silves qui dirigea un mouvement politico-religieux de grande influence dans la région.
Ce Ribat est le seul de son genre identifié au Portugal et l'un des rares connus dans la péninsule Ibérique. Ses ruines sont précieuses pour la compréhension de l'histoire islamique et des idéaux soufis en Occident péninsulaire. Son importance historique est renforcée par les références dans d'anciens textes musulmans et par le fait qu'il fut un centre de pouvoir spirituel et militaire, abandonné aux alentours de 1151, après l'assassinat de son fondateur.
Les fouilles archéologiques ont révélé la structure complexe de ce Ribat, organisé en différentes zones qui s'adaptaient au terrain. La construction était faite en pisé stuqué et chaulé sur une base de maçonnerie, utilisant des schistes, des grauwackes et des grès locaux. Les sols étaient en terre battue et les toitures, en bois, pouvaient être des toits de chaume ou des terrasses.
Parmi les vestiges trouvés, on souligne plusieurs mosquées, certaines de grandes dimensions, toutes avec leur niche de prière (mihrab) orientée vers La Mecque. Il existait également des édifices qui servaient d'habitations aux moines-guerriers et une madrasa, ou école coranique, avec une cour spacieuse. Dans l'une des zones, on découvrit une nécropole avec des dizaines de sépultures orientées selon la tradition islamique, et où furent trouvées des stèles funéraires épigraphiées, une découverte rare et de grande valeur pour l'archéologie islamique.
Malgré la courte période d'occupation du Ribat, les artefacts récupérés permettent d'entrevoir la vie quotidienne de ses habitants. On y trouva des fragments de céramique simple, comme des bols, des cruches et des marmites, qui reflètent la frugalité associée aux idéaux soufis. De plus, on y découvrit des objets liés à des activités comme la filature, le tissage, la chasse et la pêche, y compris des restes de mollusques et des os d'animaux.
Parmi les découvertes les plus significatives, on compte également des pièces à caractère plus spirituel, comme des plaques de schiste avec des inscriptions religieuses et des amulettes. La présence de ces objets, conjointement aux restes humains trouvés dans la nécropole, offre une perspective intime sur la vie communautaire, ascétique et, parfois, combative, qui se déroula en ce lieu il y a des siècles.
Coordonnées DD: 37.320536591667, -8.8767067316667
Coordonnées DMS: 37°19'13.9"N 08°52'36.1"W